Vu Du Maroc Comment La Victoire Politique De Macron Peut Inspirer Les Entrepreneurs

Nouveaux locaux, nouvelle direction... La République en Marche fait sa rentrée dans la peau du premier parti de France. Les 314 députés macronistes sont attendus lundi aux docks d'Aubervilliers pour un séminaire "hors les murs" de deux jours consacré à la rentrée parlementaire. Une rencontre qui doit permettre aux élus d'apprendre à mieux se connaître et de tourner la page des ratés de l'été. Après deux mois difficiles, les néo-députés entendent serrer les rangs en vue des deux dossiers chauds de la rentrée : le vote du budget 2018 et le projet de loi antiterroriste. "On est bien plus rodés, plus efficaces", assure la députée de Paris Laetitia Avia. "On a fait nos classes: on a été jeté dans l'hémicycle avec deux lois à voter sans rien connaître du fonctionnement de l'Assemblée nationale. Maintenant ça va aller mieux", abonde le député du Rhône Bruno Bonell.

Conscient de ses faiblesses, le groupe LREM à l'Assemblée nationale a embauché à tour de bras cet été. Quarante personnes sont venues étoffer les rangs du parti majoritaire. Elles auront pour mission d'assister les députés dans la fabrication de la loi et de soigner leur communication. Mais leur arrivée ne s'est pas faite sans remous. "Certains collaborateurs avaient tendance à croire que nous travaillions pour eux et non l'inverse. Il a fallu mettre les choses au clair", persifle un député LREM. Les parlementaires pourront également compter sur le retour de leur chef. Fragilisé depuis plusieurs mois par une affaire judiciaire, Richard Ferrand serait sur le point de revenir "plus combatif que jamais", selon le jeune député de Paris Pierre Person.

Un parti en pleine refondation

Le parti, lui, est en pleine refondation. Il a quitté le QG de la rue de L'Abbé Groult dans le quinzième arrondissement de Paris, d'où furent pilotée les campagnes de la présidentielle et des législatives, pour se rapprocher des centres de pouvoir, rue Sainte-Anne dans le 2e arrondissement. Des locaux de taille similaire, mais plus fonctionnels pour accueillir élus et militants, selon la direction du mouvement. "C'est beaucoup plus sobre que ce que l'on a pu écrire, décrit Pierre Person. Ce sont des bureaux en open space un peu comme on en retrouve dans les start-up. On est loin de l'hôtel particulier évoqué dans certains articles de presse...". Pour louer cet espace de 1.000 mètres carrés en plein coeur de la capitale, La République en Marche devra tout de même s'acquitter d'un loyer mensuel de 31.000 euros.

La direction tripartite du mouvement composée d'Astrid Panonsyan, Arnaud Leroy et Bariza Khiari devrait rester en place au moins le temps que le parti se structure. A cet effet, La République en Marche a embauché un directeur général, Stephane Roques, ancien DG de Médecins du Monde. Un vaste chantier l'attend : il devra mener la transformation du jeune mouvement en parti politique traditionnel et mettre de l'ordre dans les 3.800 comités locaux En Marche. "C'est avant tout un poste opérationnel, pas politique, indique Bruno Bonnell. Mais il va falloir qu'il fasse toute la plomberie, l'administration, la gestion. Un job essentiel".

La République en Marche peut toutefois compter sur des revenus en hausse. En remportant les élections législatives, le mouvement est devenu la formation politique la plus riche de France. A partir de juin 2018, La République en Marche percevra 20,5 millions d'euros de subventions publiques chaque année. Soit un financement de plus de 100 millions d'euros sur 5 ans. Que faire de cet argent? "Nous ne sommes pas dans une logique de thésaurisation", répond la direction du parti, tout en précisant que la somme est inférieure à ce que pouvaient percevoir les partis traditionnels lorsqu'ils étaient aux affaires, ces derniers cumulant les indemnités obtenues lors de victoires aux élections locales.

Quel ADN pour En Marche?

Autre défi pour le mouvement présidentiel : maintenir ses troupes motivées. "Pour certains de nos militants, la mission qu'ils s'étaient fixée est accomplie : Emmanuel Macron est à l'Elysée. Il faut leur redonner une perspective, un cap", analyse Bruno Bonnell. La direction d'En Marche qui a bien compris le danger va multiplier les actions au cours des prochaines semaines. Sur internet d'abord, avec la mise en ligne de plateformes de "e-learning" consacrées à l'argent public (en octobre) et l'Union Européenne (en novembre), ainsi que de cours en ligne plus exhaustifs (mooc). La République en Marche entend aussi multiplier les actions de terrain. Dans les territoires "enclavés", le mouvement d'Emmanuel Macron entend créer des "facilitateurs locaux" pour mobiliser les citoyens. Une mesure qu'il dit "inspirée de ce qu'a pu faire Barack Obama à Chicago." Enfin, le parti centriste compte organiser une "grande marche européenne" en vue des élections européennes de 2020, en s'appuyant sur les comités d'En Marche dans les capitales européennes. Déjà, le parti a reçu la semaine dernière la visite d'émissaires du mouvement Hongrois Momentum, qui cherchait à s'inspirer des recettes gagnantes de la formation macroniste.

Investir le monde étudiant

La République en Marche cherche également à investir le monde étudiant. Echaudée par la polémique sur les APL et conscient que le mouvement social contre la loi travail passera par les universités françaises, la formation politique réfléchirait à la meilleure manière de prendre pied sur les campus. "Ce ne sera pas un syndicat mais plus probablement une organisation de jeunesse à la frontière du mouvement politique et de l'engagement associatif", explique Pierre Person. L'offensive devrait être menée par les "Jeunes avec Macron" avec un objectif selon un cadre LREM : "ne pas laisser l'UNEF tourner en boucle sur la loi travail".

Le parti présidentiel ne pourra pas s'épargner, non plus, une réflexion sur son ADN. "Nous suivions un homme sur une intuition et il est devenu président de la République ...donc invisible. Il nous faut retrouver une cohésion, une unité, estime Bruno Bonnell. Car une start-up peut bien lever des millions, sans cohérence ça ne marche pas". Pas de quoi décourager l'entrepreneur lyonnais, tombeur de Najat Vallaud-Belkacem aux législatives. "On va essayer pleins de trucs et on va trouver notre style. C'est une phase de chrysalide pour En Marche, on est en train de passer du vers de terre politique au papillon, c'est moche pour l'instant, mais attendez un peu..."


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Source : https://www.challenges.fr/politique/assemblee-locaux-finances-la-republique-en-marche-s-organise-sans-macron_500168

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