PolitiqueAbdoul Mbaye: « La Politique Est Le Plus Grand Obstacle Au Développement Du Pays »


Pierre-Henri Picard écrit pour Causeur.


Ca y est, c'est fait! Après trois échecs successifs en 1992, 2008 et 2012, les Jeux Olympiques d'été reviennent en France pour la troisième fois de leur histoire, un siècle après les dernières olympiades parisiennes.

Une aubaine pour le rayonnement de la région-capitale et notre pays pour certains, un gouffre financier pour d'autres, l'obtention de ces jeux s'inscrit dans une démarche plus globale.

Une aubaine pour le rayonnement de la région-capitale et notre pays pour certains, un gouffre financier pour d'autres, l'obtention de ces jeux s'inscrit quoi qu'il en soit dans une démarche plus globale visant à transformer la «Ville Lumière» et promouvoir l'excellence à la française.

Un constat d'autant plus vrai lorsque l'on regarde les sites sélectionnés pour accueillir les épreuves comme l'esplanade des Invalides, le Grand Palais, la Tour Eiffel ou encore le château de Versailles. Soit autant de lieux et monuments qui témoignent du génie culturel français et qui seront admirés par près de 4,5 milliards de téléspectateurs dans 7 ans.

Pour autant, on me répondra que Paris n'a pas besoin d'organiser une nouvelle olympiade en ses murs pour bénéficier d'un rayonnement planétaire, que son statut de première destination touristique mondiale lui confère déjà une légitimité et une aura internationales qui ne nécessitent pas un investissement de plus de 6,5 milliards d'euros. Dont acte.

Force est de constater cependant que les retombées en terme d'image seront conséquentes, ne serait-ce que parce que l'organisation de ces Jeux va permettre le développement et la modernisation d'infrastructures souscrivant au grand projet français du XXIème, en l'occurrence celui du Grand Paris.

Si nombreux sont les sportifs à avoir mis en avant la «Génération 2024», celle qui participera aux JO et qui devrait porter notre pays parmi les toutes premières nations sportives du monde, politiques et institutionnels qui n'ont pas manqué de souligner la dimension novatrice de ces Jeux Olympiques et de la chance qu'ils constituent pour le Grand Paris.

Surtout, les JO vont permettre l'accélération de grands travaux comme le métro du Grand Paris Express et la transformation de nombreux sites en Seine-Saint-Denis.

D'ailleurs, l'impact des choix sur les transports et le logement s'inscrit dès à présent dans cette problématique d'autant que la moitié des épreuves se déroulera au-delà du périphérique.

Surtout, les JO vont permettre l'accélération de grands travaux comme le métro du Grand Paris Express et la transformation de nombreux sites en Seine-Saint-Denis. Finis donc les investissements à outrance visant à réaménager nos banlieues sans aucun résultat probant, place désormais au keynésianisme au service d'un nouveau projet de société où les notions de connectivité et d'écologie sont déjà érigées au rang de nouvel horizon du monde occidental.

Tandis que les constructions de nouveaux sites ont fait exploser le budget prévisionnel des dernières villes organisatrices comme Athènes ou Londres, la candidature parisienne a largement mis en avant le fait que 95% des installations existent déjà ou seront temporaires, alors que dans le même temps les investissements prendront en compte l'impératif numérique.

Cent ans après l'organisation de ses derniers jeux, Paris, cité à l'avant-garde des idées bouillonnantes qui ont structuré les sociétés modernes, deviendra donc la première ville hôte à intégrer les notions d'héritage et de développement durable.

Alors certes, certains esprits rappelleront que l'organisation des Jeux et les dépenses publiques qu'elle engendre interviennent dans un contexte économique difficile, matérialisé il y a seulement quelques semaines par l'annonce du président de la République Emmanuel Macron de supprimer 850 millions d'euros de crédits au ministère des Armées.

L'événement doit ainsi témoigner d'une volonté d'inscrire ces Jeux dans le nouveau cadre paradigmatique de notre époque au service d'un « soft power » à la française.

Il n'empêche, avec la décision du CIO, la France «remporte une victoire diplomatique, s'affirme comme une nation dynamique et entreprenante et sera au centre du monde en 2024», comme l'affirme Pim Verschuuren, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) dans La Croix.

L'événement doit ainsi témoigner d'une volonté d'inscrire ces Jeux dans le nouveau cadre paradigmatique de notre époque au service d'un «soft power» à la française.

Figure de proue sur la scène internationale concernant les questions environnementales depuis les accords de Paris, la France entend en effet profiter de cet événement pour jouer un rôle moteur à l'avenir dans la troisième révolution industrielle théorisée par Jeremy Rifkin.

Articulée autour du respect de l'environnement, cette nouvelle révolution vise entre autres la généralisation des énergies renouvelables et la transformation de la flotte de transport en véhicules «propres». Autant de dispositions qui s'inscrivent dans les grands projets de réalisations du Grand Paris et qui doivent renforcer la capacité de la France à séduire et à persuader les autres États de s'engager dans cette voie.

Enfin, l'organisation de ces Jeux est l'occasion pour le sport français de susciter des vocations et d'attirer de nouveaux licenciés dans les fédérations. Seulement dixième nation mondiale au tableau des médailles lors des JO d'Athènes en 2004, la Grande-Bretagne est devenue en l'espace d'une dizaine d'années l'une des toutes meilleures suite à l'officialisation des JO de Londres en 2005, en se classant respectivement troisième et deuxième lors des dernières olympiades.

Un détail qui ne mérite pas de sacrifier les fonds publics pour les partisans de l'orthodoxie budgétaire, une chance pour générer un sentiment patriotique et la fierté d'appartenir à une grande nation, pour les défenseurs d'un «choc d'optimisme» dont l'objectif avoué est de faire de cet événement le catalyseur d'une stratégie sur le long terme.

Cet événement doit permettre à la France de s'appuyer sur une forte cohésion nationale autour d'un moment de partage de dimension internationale et redevenir un pays dont la voix influe.

Une stratégie qui doit permettre à la France de s'appuyer sur une forte cohésion nationale autour d'un moment de partage de dimension internationale et redevenir un pays dont la voix influe sur les grandes orientations du monde. Un diptyque gagnant porté par des projections financières alléchantes, promettant des retombées économiques de plusieurs milliards d'euros et des centaines de milliers de créations d'emplois.

En somme, remercier le baron Pierre de Coubertin dans le clip de campagne de Paris 2024 apparaît en tout point comme un message subliminal eut égard les ambitions des politiques et institutionnels ayant soutenu la candidature parisienne. Outre le fait qu'il fut l'initiateur des Jeux modernes, ce dernier personnifie, à travers son choix de refuser l'institution militaire pour consacrer sa vie à l'éducation et le sport, la dynamique qui accompagne le triomphe d'un «soft power» à la française.

Là réside sans doute l'essence même de Paris 2024.


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Source : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/09/19/31003-20170919ARTFIG00235-paris-2024-catalyseur-du-soft-power-a-la-francaise.php

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