Football : Le Stade De Bastia Suspendu Pour Un Match...pour L'instant

Mathieu Peybernes, Göztepe est deuxième du championnat turc après huit journées. C’est une très belle surprise…

C’est sûr que pour un club promu, c’est une belle surprise. En plus, leur montée s’était jouée sur le dernier match des play-offs aux tirs au but ! C’est une belle histoire. Beaucoup de nouveaux joueurs sont arrivés. On a eu du mal à démarrer sur les matchs amicaux, parce que je crois qu’il ne reste qu’un seul joueur de la saison dernière, mais depuis le début du championnat, ça se passe bien. Pourvu que ça dure…

D’entrée, vous avez accroché Fenerbahçe à domicile lors d’un match joué à huis clos. Est-ce une sorte d’acte fondateur ?

Je pense que ça nous a fait prendre conscience qu’on pouvait rivaliser avec les grosses équipes de ce championnat, puisque Fenerbahçe en fait partie, même si cette année, ils ont un peu plus de mal pour l’instant (5eme, ndlr). Cela a été un match positif, parce qu’on a réussi à prendre un point malgré le contexte particulier du huis clos. Peut-être qu’avec nos supporters, on aurait même pu gagner.

Peybernes : « Affronter des joueurs comme Eto’o, c’est très valorisant »

Vous restez sur une victoire contre Antalyaspor (1-3). Qu’est-ce que ça fait d’être au marquage de Samuel Eto’o ?

C’est impressionnant. Pour son âge (36 ans), il a encore des qualités de vitesse et d’explosivité. Son jeu est forcément différent d’avant, mais ça reste un joueur très intelligent. Je pense qu’à l’époque du grand Barça, avec Iniesta, Xavi, ça devait être vraiment compliqué de le prendre au marquage ! En Turquie, il y a pas mal de joueurs de renom, et souvent des joueurs offensifs, donc c’est vrai que pour nous la tâche est encore plus difficile. Mais c’est bien pour nous, c’est très valorisant. Avec Eto’o, on a discuté un peu après le match pour échanger nos impressions, et j’ai découvert quelqu’un de très ouvert, de très agréable et ça fait plaisir de côtoyer des gens comme ça.

En dehors du sportif, comment s’est passée l’intégration en Turquie, à Izmir (où évolue le club de Göztepe) ?

J’avais connu un peu le même cadre de vie à Bastia. Cela me rappelle de bons souvenirs. Le climat est agréable, la ville est « européanisée » puisqu’on est près de la Grèce, c’est super. On est plusieurs Français. Je connaissais déjà Axel Ngando. On a un traducteur qui parle français et anglais, ça a facilité l’intégration et ça se passe bien.

En France, on a cette image du football turc avec des supporters bouillants. Racontez-nous…

Ce n’est vraiment pas une légende (rires) ! J’avais déjà connu Bastia, où l’ambiance est bien chaude, et honnêtement, j’ai été choqué de l’atmosphère qu’il y a dans les stades. Et pas seulement dans les stades. A chaque déplacement, les supporters sont là à l’hôtel, à l’aéroport, dans le stade. C’est impressionnant. Dans ce pays, il y a une ferveur autour du football qui n’a rien à voir avec la France. Là par exemple, leur équipe nationale vient de remporter le Championnat d’Europe pour personnes amputées et ça a encore décuplé les choses. Ici, les gens vivent pour leur ville, pour leurs joueurs, pour leur équipe. Ce sont des fanatiques. A domicile, cela donne envie de tout donner. C’est pour vivre ce genre de moments qu’on joue au foot. Les supporters ont une tradition : ils appellent les joueurs un par un pendant l’échauffement et on doit aller les saluer chacun notre tour. On ressent leur amour du sport.

Peybernes : « Il y avait une fracture avec Lorient »

Qu’est-ce qui a motivé votre départ en Turquie ?

Il y avait une certaine fracture avec Lorient. J’étais venu pour sauver le club. On a échoué pour un malheureux petit point. Un nouveau coach est arrivé en fin de saison, on a discuté et j’ai été honnête en disant que je n’envisageais pas de jouer en Ligue 2. Je n’ai jamais joué en L2, et je ne voulais pas découvrir ce championnat à 26 ans. J’ai réfléchi pendant la préparation parce que s’il y avait un projet de remontée immédiate, j’étais prêt à réfléchir. Je ne pensais pas partir en Turquie si tôt. Le Mercato était encore long mais j’avais envie de faire une vraie préparation avec ma nouvelle équipe. Au début, les modalités de transfert étaient un peu compliquées parce que Lorient voulait me revendre au prix d’achat (2 M€), ce qui a refroidi certains clubs. Finalement, comme je souhaitais partir et que Mickaël Landreau, même s’il ne me l’a jamais dit, ne comptait pas forcément me faire jouer, on s’est mis d’accord sur un prêt payant. Et mon choix s’est porté sur Göztepe parce qu’ils étaient là dès le début, et parce qu’il y avait des joueurs que je connaissais déjà. C’est un prêt d’un an et on verra comme ça se passe, mais pour l’instant, je suis content d’être sorti du microcosme français, de découvrir de nouvelles méthodes de travail à l’étranger.

Vous avez échangé avec votre ami Cédric Bakambu, qui avait lui aussi tenté l’aventure en Turquie avec Bursaspor il y a quatre ans ?

Oui, bien sûr. Je voulais savoir comme cela s’était passé pour lui, par rapport au fonctionnement, par rapport au championnat. Il ne m’a dit que du positif. Il m’a rassuré. J’ai aussi contacté Axel Ngando et ensuite, j’ai fait mon choix.

Sochaux, Bastia, Lorient : tous vos anciens clubs sont dans une situation difficile aujourd’hui, à commencer par le Sporting. Quel regard portez-vous sur tout cela depuis le Turquie ?

Ce n’est pas facile. Le point commun, c’est la difficulté à gérer un club. A Sochaux, l’année où on termine 5eme de Ligue 1 en faisant une saison exceptionnelle, la gestion a été très mauvaise la saison suivante. Beaucoup de joueurs sont partis, Francis Gillot aussi, un joueur comme Maurice-Belay qui était important dans le groupe n’a pas été conservé. Concernant Bastia, si je suis parti, c’est parce que c’était compliqué au niveau du paiement des salaires. Mais je ne retiens que du positif de mon passage là-bas. Quand je suis arrivé, j’étais en difficulté et Bastia a su me relancer. On a fait une finale de coupe, on a fini deux fois 10emes. La gestion des clubs a été compliquée. On le voit dans certains clubs français aujourd’hui. Mais c’est vrai que ce sont des clubs qui ont malheureusement mal vécu. Je continue à suivre leurs résultats. Sochaux, c’est mon club formateur, j’ai passé beaucoup d’années là-bas et j’y retourne de temps en temps, comme ma femme en est originaire. Une partie de moi est encore là-bas, comme à Bastia.


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Source : http://www.football365.fr/turquie-goztepe-mathieu-peybernes-lambiance-turquie-nest-legende-6506605.html

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